Esprit critique

#Esprit critique : réflexions sur la société et ses pratiques, autour de thématiques qui m'intéressent : liberté d'expression, culture libre, pratiques du numérique et partage de la connaissance.

« Il nous faut du numérique »

Le 20 novembre 2015 à 11h59min par Benoît Évellin
TL ;DR : estimer que le numérique est indispensable est une course au gadget.

Dans un musée, il est possible de remplacer les cartels par des tablettes (et « être numérique »), mais si c’est pour n’y trouver dessus que le texte des vieux cartels, cela n’a absolument aucun intérêt. Le numérique est un outil, un outil qu’il convient de connaître, et non une obligation ou un phénomène de mode.

Lors de Museomix 2015 au musée de Bretagne, les participants étaient surpris du fait que j’affirme que leurs prototypes n’avaient aucune obligation d’intégrer des briques numériques. Certains pensaient que c’était obligatoire, dans l’ADN même de l’événement ; d’autres ont confirmé que d’autres éditions interdisaient les projets sans numérique [1].

Le numérique est un outil, un outil qu’il convient de connaître donc, que ce soit dans une institution culturelle ou dans la vie de tous les jours. Si le bon sens fait qu’on ne prend pas de tractopelle pour planter des clous, il faut qu’il en soit de même pour les outils (issus du) numérique(s). Le choix d’un outil numérique doit répondre à un besoin réel. Le simple besoin d’une interaction n’est pas un besoin suffisant : il est possible de faire des dispositifs interactifs ou de réalité augmentée sans passer par le numérique. (Je retiens l’idée pour un prochain billet.)

L’écran, icône du numérique, ne révolutionnera pas l’expérience de visite s’il n’y a pas de vraie questionnement de cette expérience. Estimer que l’installation d’une borne interactive dans une salle attirera « les jeunes » ou croire que coller des QR codes dans une publication la rendra plus attirante est une illusion. Ce type de cautère sur jambe de bois n’est pas non plus d’une innovation, comme j’ai parfois pu l’entendre dans de précédentes expériences.

L’innovation, elle, vient de l’intégration des pratiques que le monde du numérique est capable de mettre en place : méthodes de co-création, intégration de l’utilisateur dans le processus de création, culture du changement, etc. Cela nécessite bien entendu des efforts et, parfois, des moyens techniques (non, cela n’est pas systématiquement cher ; non cela n’est pas systématiquement technique).

Comme dit la publicité, « n’hésitez pas à consulter un spécialiste ». :)

Expressions régulières

Le 24 juillet 2014 à 18h13min par Benoît Evellin
Certains jours, on a l’impression que tout est proche, même si cela n’a rien à voir. Hier, c’était dans le traitement informatique et dans la bouche des élus.

Hier, je faisais part à Florian de mon incapacité à me servir des expressions régulières (les « regex »). Ces regex sont bien pratiques quand on souhaite identifier des chaines de caractères précises dans un fichier. Dans mon cas, c’est pour le web que cela m’intéresse, afin de traiter des fichier où certains éléments HTML sont dépassés, indésirables ou surnuméraires. Les regex permettent donc de faire le ménage en quelques secondes et proprement [2], sans passer par d’infinis rechercher/remplacer qui laissent toujours échapper un élément (qui, bien entendu, fera tout planter).

Ni une ni deux, il m’envoie sur Regex Crosswords, un site bien foutu pour pratiquer les expressions régulières, une documentation suffisante en main. J’y passe un moment sympathique à me faire la main en m’amusant beaucoup !

Autre expression

Hier, j’ai aussi vu une expression régulière, une que je connaissais. Oh, pas une commode permettant de faire avancer le monde, non. Juste celle, extrêmement choquante, qu’une personne engagée peut parfois sortir à la presse car ses propos en ligne sont mal pris : « mon compte Twitter a été piraté ».

Cette « expression régulière », qui fonctionne très bien avec le prétexte du « ce n’est pas mon compte » est, une fois de plus un symbole de la non-prise en compte des pratiques du numérique quant à la réputation d’une personne.

Certes, l’exemple d’hier est un cas d’usurpation d’identité. Ce qui est très problématique pour un élu, figure publique : comment a-t-il pu ignorer qu’un compte Twitter à son nom existait, actif depuis novembre dernier, qui plus est bavard en ligne avec d’autres politiques locaux ?

Dans ce cas précis, a succédé au « ce n’est pas moi » une autre expression très régulière : « je suis nul en informatique », elle aussi bien pratique. C’est ce type d’expression, utilisé très fréquemment, qui justifie l’action des politiques quant à la « régulation » du Net en France (et ailleurs), au motif de terrorisme, de pédo-pornographie, de sauvetage des artistes des éditeurs de produits culturels ou tout simplement du fait qu’on leur dise de le faire.

Une censure dont nous allons tous pâtir, fort pratique pour cacher l’expression régulière de l’incompétence d’une majorité de dirigeants.

Open data v2 : mutualisation et accomagnement

Le 12 juin 2014 à 23h35min par Benoît Évellin

L’ouverture est à la mode

A l’heure actuelle, j’ai l’impression que les projets participatifs et collaboratifs ont la cote. On parle de crowd-funding, d’encyclopédies participatives, de do-it-yourself. On constate une augmentation de la (re)connaissance des licences libres. L’open data n’est pas en reste, avec l’ouverture des données qui permettent à tout un chacun d’imaginer des usages et des applications inédites, créatrices de richesses.

Cela passe par un accroissement significatif du « crowd-sourcing » : le créateur de données peut être n’importe qui dans la foule (institution, association, laboratoire, entreprise, particulier…). Un éditeur de données (lui même (institution, association, laboratoire, entreprise, particulier…) permet au créateur de publier ses données sous licence libre. Les risques sont peu importants pour l’éditeur : le créateur est responsable de ses données, la loi protégeant l’éditeur des données.

Ouvrir pour diffuser

L’utilisation de licences libres pour diffuser ces données est primordial. Elles sont les seules qui permettent de garantir une pérennité et une ouverture des données offertes. Après avoir tenté de créer diverses licences, les institutions publiques qui furent pionnières en la matière ont cessé de vouloir mettre leurs conditions particulières. Le choix ne porte plus qu’entre deux licences (Licence ouverte et ODbL), dont la seule différence est de prévoir pour la première de ré-enfermer les donnés et pour la seconde de reverser les données au pot commun. Sur ce point, les opinions divergent, personnellement je rejoins Valérie Peugeot qui déclare :

Les données produites par la puissance publique avec l’argent public doivent rester libres de réutilisation.

La diffusion devient donc la norme, bien qu’il y ait un essoufflement des ouvertures et toujours une frilosité de la part des décideurs (l’inconnu fait peur !). L’ouverture et la transparence sont donc de mise, et la rétention d’information devient suspecte. Mais ouvrir des données ne détruit pas les éditeurs et les influenceurs qui, auparavant, se basaient sur des données fermées pour créer une richesse. Ils ont toujours un travail de tri et de conseil à réaliser pour que le public s’y retrouve dans ces données.

De nouveaux usages qui se créent et qui s’imposent

Les données sont réutilisables par tous, pour des usages inconnus ! Le diffuseur (aidé par l’éditeur) offre donc la matière première pour laisser place à l’imagination. Une ouverture maximale et réelle est indispensable. Elle passe par trois points.

Tout d’abord, une normalisation (qui attend d’exister) pour permettre aux réutilisateurs à croiser les données (comment croiser deux jeux de données portant sur la même chose s’ils ne sont pas formatés d’une manière proche ?), et un accompagnement à la mise en place de ces normes (formations, réflexion sur les outils et les pratiques...).

Ensuite, la mise en place d’outils d’édition tout aussi ouverts et libres que les données, garants d’une diffusion constante et sans surprises. L’option « partenariat public-privé », que l’on trouve proposée par certaines collectivités pour « faciliter » la diffusion des données, n’est pas acceptable. Les données ouvertes sont un service public, qui doit le rester. Confier cela à des tiers qui ne garantissent ni pérennisation ni accès total aux données, ou utiliser des outils dont on ne peut pas comprendre le fonctionnement est ni plus ni moins dangereux.

Enfin, la création d’outils permettant une manipulation simple des données par des réutilisateurs de tous types, destinés à une appropriation.

L’open data en France souffre aujourd’hui de ces trois points indispensables, comme le remarque le rapport du Sénat en date du 13 juin 2014, alors qu’« open data » est un mot entré dans les usages. C’est aussi grâce à ces trois facteurs de succès qu’on pourra tordre l’idée que les données ouvertes ne sont accessibles qu’aux seuls informaticiens. « L’open-data est un mouvement de fond qui a enfin laissé derrière lui les cheerleaders de tout ce qui est nouveau. » Il est à la recherche d’un second souffle, que les pouvoirs publics et les statuts privés en délégation de service public ont le devoir d’accompagner.

Besoins et usages

Aujourd’hui, la question des licences est résolue et l’ouverture semble s’imposer comme indispensable. Il se pose toujours le problème des outils. En effet, comme évoqué plus haut, la dispersion des formats et l’absence de normalisation sont handicapants. D’autres éléments sont à ne pas perdre de vue lors de la création d’outils destinés à mutualiser les données.

A cela s’ajoute l’éditeur, en tant qu’agrégateur des données, qui héberge des données qui ne lui appartiennent pas. Un rôle peu visible ? Non : celui-ci a un rôle d’animation, de mise en valeur et d’accompagnement ; un rôle de service public à part entière. C’est un rôle pour lequel il faut aujourd’hui quelque chose de rare : des moyens.

Travailler ensemble

La conclusion sur le manque de moyens est fort peu encourageante, je le concède. Mais elle reste encore celle qui est top souvent partagée, le prétexte pratique.

Stop ! Il est temps de changer aussi les habitudes : pourquoi un service public ne pourrait-il pas être réalisé conjointement par ceux qui sont payés pour et ceux qui croient ? Les associations peuvent entrer dans la danse, et travailler conjointement à la mise en place d’une v2 de l’open data en France.

Il convient donc de conclure en mentionnant l’excellente initiative ODE, un projet piloté par trois acteurs associatifs nantais : l’association d’open data LiberTIC, l’entreprise en solutions libres Makina Corpus et l’acteur associatif culturel Stereolux. A trois, ces derniers prennent le taureau par les cornes pour nous présenter un outil fiable, à portée publique.

On avance !

Pirate !

Le 25 mai 2012 à 21h04min par Benoît Évellin
A l’heure ou la plupart des jeunes regardent la politique en faisant la moue, en ne croyant pas qu’il y ait de possibilité de se faire entendre, il est temps de revenir à d’autres idées, d’autres principes. Pour 2012, et si on hackait les législatives ?

A l’occasion des législatives 2012, le Parti Pirate présente 101 candidats. Qui sont ces pirates et que veulent-ils, ou proposent-ils ?

Le Parti Pirate a une histoire au commencement suédois, en 2006. Il a ensuite été fondé en France, puis une quarantaine de pays ont à leur tour rejoint le mouvement.

Je vous passe l’historique de la section française que vous trouverez par ici, ou celle de tous les partis que vous pourrez potentiellement trouver par là.

Regardons les idées :

PNG - 88.8 ko
En résumé, cinq points essentiels.
CC-by - Parti Pirate

Comme le dit l’affiche, le PP [3] défend des points que je trouve essentiels.

  1. Légalisation du partage
  2. Lutte contre le fichage abusif
  3. Indépendance de la justice
  4. Transparence de la vie politique
  5. Ouverture des données publiques

Une fois de plus, renvoi aux publications officielles : c’est plus simple d’aller à la source.

Pour ma part, j’ai décidé de regarder cela de plus près. À vous d’y découvrir mon rôle, dans tous les cas, on en reparlera sûrement.

Liberté de panorama

Le 21 novembre 2011 à 15h43min par Benoît Évellin
Messieurs Tardy et Dionis du Séjour, députés, ont déposé une proposition d’amendement pour l’article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle français, visant à créer une « liberté de panorama » en France.

Actuellement, il est illégal de diffuser une photographie (par exemple) de ce qu’on appelle, dans le jargon des photographes qui travaillent légalement, un « bâtiment récent ». Ce terme désigne une construction, présentant, à priori, une originalité telle qu’on peut lui conférer le statut d’œuvre. Son architecte possède donc des droit quant à la diffusion de l’image de son œuvre ; droits étendus à 70 ans après sa mort afin que sa descendance en profite. Pour résumer, prenez une photo d’un bâtiment construit récemment près de chez vous, mettez la en ligne sous licence libre ou pour illustrer votre site où vous avez quelques pubs : paf, vous avez enfreint la loi.
Exemple :

JPEG - 601.8 ko
Tour de l’Éperon
Construite en 1975 par l’architecte Louis Arretche.

Aviez-vous déjà pensé à cela avant de montrer le bâtiment où se situe votre entreprise ou en présentant à vos proches, via un service en ligne, le centre culturel de la commune où vous avez été durant vos vacances ? Cela, une majorité de personnes l’ignorent.

J’ai pu le constater en vérifiant les photographies pour le concours Wiki loves monuments, où des participants, incrédules, se voyaient refuser leurs photographies. Je passe sur les cris et lamentations (« c’est ainsi qu’on censure la diffusion de la connaissance »), en particulier quand un auteur est décédé il y a 69 ans. « Madame, monsieur, dura lex, sed lex, et écrivez à votre député. » Certains l’ont-ils fait ?

Bref, hormis la perte pour l’architecte de quelque argent sur la vente de cartes postales, l’adoption de cet amendement, outre les justifications présentes dans la proposition, permettrait de rendre légale une pratique coutumière, tout en permettant à bien des personnes et des organisations de pouvoir photographier, éditer et illustrer en paix [4]. Reste à l’adopter !

Bande de geeks ?

Le 7 juillet 2011 à 14h38min par Benoît Évellin
Grâce aux projets Wikimedia et lors de mon travail à Versailles, j’ai eu le plaisir de croiser pas mal de monde :

Des informaticiens aussi, mais vu la liste, qu’on arrête de dire que c’est eux qui font Wikipédia.

Hadopi dévoile son jeu

Le 9 juin 2011 à 22h34min par Benoît Évellin

J’en ai déjà parlé, Hadopi, ça pue. A l’approche du bilan du gouvernement et du grand rush des présidentielles, au moment où certains font de sa disparition [5] un argument de campagne , Hadopi va tenter de convaincre le grand public du bien-fondé de son action. La campagne pub de l’Hadopi [6] dévoilée par Numerama lundi dernier est dans cette droite ligne : le partage et le piratage nuisent à la création nous y apprend-t-on ; discours sans grande surprise, mais dont la véracité n’est pas démontrée.


Hadopi - spot TV 1 par Numerama

J’ai regardé cette publicité, et j’ai clairement compris le message : si nous piratons, vils que nous sommes, nous ne pourrons pas avoir droit à ce merveilleux tube. Bien. Donc moralement, je ne peux pas m’empêcher de me remettre à télécharger et de vous y inciter pour éviter d’avoir droit à un futur où cette bouse (ou celle-ci, et aussi celle-là) sera le standard. Ce clip a le mérite de nous montrer clairement où veulent en venir ceux qui tirent les grosses ficelles de cette affaire (les majors), en nous ayant déjà prévu pour dans dix ans une sous-culture [7]. Je note cependant le côté amusant de ces publicités pour Hadopi, en dehors de l’aspect ridicule et grossier : en calquant la musique du futur sur la soupe d’aujourd’hui, cela ridiculise le message. Mais cela reste triste.

Je refuse donc, en mon âme et conscience, que la création ne se résume qu’à cela, parce que tout esprit critique aura été gommé à force de bourrage de crâne et d’impossibilité d’écouter et de voir ailleurs, et qu’une personne ne puisse plus avoir la liberté de choisir et de comparer. Ces gens ont-ils oublié qu’un artiste se fait grâce à un public ?

Le droit d’auteur est une chose très importante, et c’est cela, à mon avis, qui protège la création. Les pseudo ayant-droits et autres commerçants qui mangent la galette sur le dos des artistes [8] sont à regarder de plus près. Ce modèle, hérité de la vieille industrie du disque, s’est fait manger par Internet, et, plutôt que de s’adapter, certains préfèrent passer au répressif. Ou au limitatif, comme Deezer, qui « évolue » en passant le temps d’écoute par internaute à cinq heures par mois. Pascal Nègre ne s’en cache pas : c’est pour inciter à consommer. Consommer : je veux bien, mais pas aux prix ou avec les offres proposées. Je ne suis pas une vache à lait [9].

Les consommateurs (peut-on encore parler de citoyens ?) que nous sommes les passagers qui regardons tranquillement notre Titanic foncer vers un iceberg. Iceberg composé de ces choses que sont l’Hadopi, la Loopsi, le G8 où on décide de brider les réseaux, etc. Même si l’ONU déclare posément aux timoniers qu’il faut changer de cap, rien ne changera si nous acceptons que cela se passe. Si nous restons là les bras croisés, nous nous retrouverons à l’eau sans que cela ne nous ait choqués, avec des conséquences bien plus terribles que de subir la création.

« Je n’ai pas peur d’Hadopi, parce que 1984 était un roman, pas un mode d’emploi » a écrit cet internaute. Mais a-t-il pensé au nombre de fois où la fiction a finalement rejoint la réalité ?

mise à jour : Le Parti Pirate lance une pétition sur la question
mise à jour 2 : Boulet résume mieux que moi ce qu’il faut faire

Hadopi must die.

Le 16 mars 2009 à 23h29min par Benoît Évellin
Il y a quand même des limites à ne pas dépasser, et Hadopi en fait partie. Black-out symbolique sur aerius.fr, et explications.
HADOPI - Le Net en France : black-out

Le projet de loi Création et Internet, qui prévoit d’identifier les pirates à partir de leur adresse IP, est en pleine contestation. En effet, cette loi permettra des sanctions progressives, sans moyen de prouver son innocence (coupable, à moins de prouver le contraire), sans rien apporter aux artistes, en imposant des solutions techniques dépassées et contraignantes et en laissant la porte grande ouverte à un filtrage du Web...

Aucune solution alternative, comme une revalorisation de la règlementation de l’offre de téléchargement légal ; ou l’étude de questions annexes, comme celle du piratage simplissime de la connexion du papy qui habite sur le même palier, n’a été évoquée. Le débat est donc à sens unique, laissant clairement apparaitre l’intérêt des majors du disque plutôt que celui des citoyens.

Le monde du web se mobilise donc pour laisser le web tel qu’il est : un espace de liberté. Mais cela ne se fait pas pour autant en cautionnant le piratage, bien que celui-ci soit le bouc émissaire [10] qui sert à sortir de l’ornière cette loi.

Quelques réflexions supplémentaires, avec des faites, des chiffres, et de l’humour, afin que vous vous fassiez une idée :

Pour le reste La Quadrature du Net dispose de plein de dossier super complets. Moi, je suis parti pour le garage.

Le retour du retour à la terre

Le 19 septembre 2008 à 05h18min par Benoît Évellin

J’en avais parlé il y a quelque temps, je suis fan de cette série de BD qu’est le Retour à la Terre.

Et voici que Manu Larcenet a présenté la couverture du prochain opus « Les Révolutions », qui sort on ne sait trop quand. Ça me fera un cadeau de retour !

Attention aux téléphones portables !

Le 18 juin 2008 à 16h50min par Benoît Évellin

J’ai reçu de pas mal de personnes, y compris de certaines bien informées, plusieurs vidéos montrant des gens qui font du pop-corn avec les ondes des téléphones portables ! Incroyable !

Voici une nouvelle vidéo qui vient corroborer la thèse des grands dangers qui nous entourent. A diffuser très largement !

L’autre effet Fuzz

Le 18 mars 2008 à 16h07min par Benoît Évellin
Un post à propos d’un des buzz web du moment, qui a bien besoin de soutien face à la soif financière et revancharde de certains. Je ne pensais pas en parler, car beaucoup le font déjà, mais le sujet est suffisamment important et intéressant pour en causer un brin.

Fuzz est un site proposant des informations proposées et votées par les internautes. Autrement dit, il s’agit d’un site communautaire où les informations sont classées par pertinence en fonction du vote des inscrits. Cool, hein ? Sauf que Fuzz est temporairement fermé à cause d’un nombril.

L’idée de base est sympathique : poster des liens appréciés ou les infos intéressantes et les soumettre à la communauté. Sauf que certains susceptibles n’apprécie pas qu’on parle d’eux. Malheur donc à Éric Dupin rédacteur de Presse Citron, créateur et chef de Fuzz : son sympathique agrégateur a servi (ô calomnie) poster un lien vers une petite nouvelle insignifiante à propos des amourettes d’un acteur oublié ; lien qui, par le vote des Internautes de Fuzz a logiquement et rapidement été jeté aux oubliettes en étant vu, d’après Éric, « par une dizaine de personnes ». Fin de l’histoire.

Mais guettait on ne sait (savait) quel vautour, qui, par une veille attentive et à mon avis sadique, à trouvé le petit lien. Apparemment, il y veillait depuis longtemps, le fourbe ! Sitôt le lien innocemment publié, le voilà qui fond sur sa proie tel un vautour (ce qui reste la meilleure métaphore) sur un innocent citron. Bref, dépôt de plainte en début de semaine de la part d’un acteur, qui assure là son fond de commerce, en vivant des innocents qui ont eu le malheur de parler de sa vie publique/privée. On sent l’habitude.

Mais au fait, Éric, que réclame le monsieur pour le petit lien oublié ?

Pour ce « grave préjudice », à la suite duquel le plaignant est « particulièrement choqué, blessé (...) » celui-ci me demande (vous êtes bien assis ?) :

  • 30.000 Euros de dommages et intérêts
  • 4.500 Euros en application de l’article 700 du Nouveau Code de Procédure Civile (je ne sais pas ce que c’est)
  • le retrait immédiat de l’article litigieux sous astreinte de 5.000 Euros par jour de retard
  • les frais de justice

Ah quand même.
La question qui vient à se poser est de savoir si oui ou non cette plainte est juste. Outre le débat philosophique sur la limite entre justice, raison et pardon, se pose la question de savoir si il est possible de parler de tout et d’échanger à gogo ce qu’on veut sur la Toile. Est-il encore possible de citer un site sans que cela se retourne contre soi ? Le débat devient global : d’un côté la liberté de penser et de s’exprimer, dans les limites d’un raisonnable qui reste malgré tout au seul et libre jugement humain ; de l’autre la possibilité de faire respecter son image par tous les moyens sur un moyen de communication aussi infini qu’est internet.

Chaque bord est dans son droit : le plaignant souffre d’un droit à l’image, tandis que le prévenu à droit de citation ou de critique. Dans les deux cas, une victoire de chaque camp serait profitable aux deux camps : le premier serait conforté dans le fait qu’il puisse étaler sa vie n’importe où et contrôler qui en parle, alors que le second se verrai conforter le droit de parler librement, et de citer le lien qu’il veut sans risquer de se prendre une plainte dans la tronche (n’oublions pas que Fuzz n’a pas repris l’info, mais à juste cité le lien !).

Ce qui me chiffonne c’est l’attitude du plaignant, et c’est ce qui m’a poussé à écrire ce billet. Déjà, il s’agit d’un acteur, quelque peu oublié. En fait, je n’avais pas la moindre idée de qui il s’agissait, comme beaucoup, ce qui rend à mon avis le procès encore plus affligeant quand on voit la carrière actuelle du plaignant. Autant ça serait quelqu’un de connu qui attaquerai sur un évènement dont tout le monde parle [11], je comprendrai, mais là... En prime, le monsieur n’en est pas à son premier coup : il n’y a pas que Fuzz qui rejoindra demain le banc des accusés : c’est un ratissage massif sur la Toile que nous avons là, avec certaines assignations de sites datant de fin 2007, date de la rupture sus-citée. Du coup, à défaut de gagner de l’argent en tournant, notre plaignant préfère se venger (si ça se trouve, de son histoire sentimentale non digérée) via quelques recours en justice. A ce train là, il va assurer son année de cachets sans voir une caméra.

Bref, une fois de plus, le prétexte facile de gain d’argent facile en justice revient sur le devant de la scène. Les relents de la consommation juridique qu’on peut voir outre-Atlantique ? Sans doute. Mais surtout un moyen scandaleux de se faire du blé facile sur le dos d’un internaute actif, en l’étiquetant en bouc émissaire. Le Web gronde, et à raison : les méthodes et les buts poursuivis dans l’affaire sont sacrément préjudiciables à la légitimité et à la liberté de l’Internet français...

Le retour à la terre

Le 8 janvier 2008 à 11h10min par Benoît Évellin
- Ça s’appelle « la nature », frangin... Jadis, les hommes vivaient dans la nature où ils chassaient pour se nourrir...
- J’aurais pas pu.

Ça faisait diablement longtemps que je voulais lire cette jolie série, que j’avais découverte dans Ouest-France. Hé bien c’est fait. Franchement, ça a été l’achat de Noël. Un tour à Virgin, dans la foule hystérique, oh ! Le voilà ! Hophop, j’ai acheté toute la collection. Mais pourquoi ?

Tout simplement parce que les aventures de Manu Larssinet (pseudo à peine dissimulé du dessinateur), citadin de Juvisy qui vient s’installer aux Ravenelles avec sa femme Mariette et Speed son chat ne sont pas de tout repos. Il faut se faire aux habitudes, au climat, à l’alcool, à la déprime d’avoir quitté la ville, à la culture et aux réactions des amis... Entre Monsieur Henri (blog !) le propriétaire, Loupiot l’épicier, la boulangère et ses miches, madame Mortemont ou l’Ermite, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Surtout quand les amis ou la famille, pas toujours très compréhensifs, débarquent...

Les planches de deux lignes sont rythmées et sans ennui, et on avale toute la série en se tenant les côtes... avant de la relire pour savourer une fois de plus tous les petits détails. J’ai acheté les deux premiers tomes « pour être raisonnable » pour aller chercher les deux suivants quelques jours après, le manque étant trop important. Et pour ne rien vous cacher, j’attends la suite avec autant d’impatience... J’espère que vous apprécierez autant que moi cette série.

Série Le retour à la terre
Scénario Jean-Yves Ferri
Dessin Manu Larcenet
Couleur Brigitte Findakly
Editeur Dargaud (Poisson Pilote)

Prenons le pli !

Le 16 mai 2007 à 01h35min par Benoît Évellin

En attendant l’intronisation officielle de notre bien aimé nouveau Président et l’arrivée de sa politique de travail, mérite et sécurité, les choses bougent déjà. A commencer par une initiative ministérielle, avec ce formulaire de délation. Votre voisin ou un collègue de travail vous semble trop peu en phase avec notre temps et la dynamique insufflée par notre bien aimé Président ? N’attendez plus, agissez en citoyen !

Personellement, je le garde dans mes favoris dès fois que ça aide à devenir un citoyen exemplaire...

Pitié pour nous !

Le 30 avril 2007 à 10h50min par Benoît Évellin

Hoax utile

Le 31 mars 2007 à 18h10min par Benoît Évellin
Un vrai, pur jus...
>> ATTENTION, A LIRE ATTENTIVEMENT !!!
> >>Mail à diffuser rapidement à tout votre entourage !!
> >>Cette information vient d’un ami informaticien, et il m’a certifié qu’il s’agissait de quelque chose de très grave, qu’il fallait diffuser en masse ! > >>Vous devrez faire très attention de n’ouvrir
> >>aucun
> >>message appelé « attention au virus », peu importe qui vous l’envoi !!! C’est un
> >>terrible piège !!! LISEZ LA FIN DU MESSAGE POUR VOUS PROTEGER DEFINITIVEMENT !!!
> > Il sera envoyé par une personne que vous avez dans votre liste de
> >>contacts, c’est pour cela que vous devez absolument envoyer cet e-mail
> >> !!!!
> >>Il vaut mieux recevoir ce message 25 fois plutôt que de se faire avoir et de se retrouver avec des ennuis
> >>* Donc, si vous recevez un message appelé « attention au virus », ou un nom qui ressemble NE L
> >>OUVREZ SURTOUT PAS !!! SUPPRIMEZ LE !!!! * Il contient la pire
> >> chose qui n’ait jamais existé en informatique, le pire virus, classifié
> >>par Microsoft et toutes les firmes informatiques comme le plus
> >>ravageur qui ai jamais existé jusqu’a present ! * Ce virus a été
> >>découvert
> >>il y a très longtemps et continue d’agir impunément !!! Vous aussi, faites que d’autres ne soient pas pris dans cette tourmente !
> >> Alors ENVOIE CET E-MAIL à tous ceux
> >>que tu connais ! A tes amis, tes contacts,...... et rappelle toi que plus
> >>tu
> >>préviens de gens, plus les personnes seront prévenues en masse, et LIS CE QUI SUIT !
> >>
> >>Nom du virus : La DESINFORMATION
> >>Méthode de diffusion : profite de l’effet de panique suscité par un message alarmant, qui
> >>incite à diffuser une prétendue alerte virale terrible.
> >>EFFETS : L’expéditeur passe pour un c**n auprès de ses contacts. C’est bête, mais ça ne fait
> >>pas plaisir. Pire encore quand c’est une récidive, ou une attitude « dans le doute, j’envoie ».
> >> REMEDE : Prendre le temps de vérifier auprès de sites spécialisés qu’il ne s’agit pas d’une arnaque
> >> appelée HOAX dans les milieux spécialisés. Une petite recherche sur un site
> >>spécialisé, à peu près égale
> >>au temps
> >>qu’il vous est nécessaire pour recopier tout votre carnet d’adresse, vous
> >>permettra de vous prémunir contre une grosse honte générée par le renvoi en mass-mail du
> >>démenti.
> >>
> >>RETENEZ CES REGLES POUR QUE TOUT CELA CESSE :
> >>- Un virus, aussi terrible qu’il soit, ne peut jamais être activé par courrier à moins d’une
> >>manipulation volontaire par le destinataure. Dans le doute, refusez donc tout courrier suspect,
> >>ou tout contact inconnu. Cette dernière remarque est également valable sur MSN.
> >>- Si un virus aussi terrible que tous ceux que l’on décrit dans les messages alarmiste (dont
> >>celui-ci n’est qu’une parodie) existait, TOUS les médias du monde en parleraient.
> >>- Rappelez vous de cette règle élémentaire : Plus c’est gros, plus on y croit ! Informez
> >>vous avant de réexpédier ! : dans 99% des cas, ce sont des bétises !!!
> >>
> >>Ces trois règles de base vous permetteront, à l’aide d’une bonne information, d’éviter la
> >>diffusion de ces messages aussi désagréables qu’inutiles.
> >>Faites partager tout cela à vos amis en envoyant le message dans son
> >>intégralité, et vous aurez l’esprit tranquille quand vous arrivez sur
> >>cette grande toile
> >>qu’est Internet.
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Notes

[1J’en restais coi.

[2Sauf erreur de configuration !

[3Ou un vulgaire « autre » pour l’État, autrement dit une étiquette pratico-pratique pour petits partis sans reconnaissance

[4Sans compter que Wikipédia gagnerait en illustrations légales, enfin !

[5Enfin, disparition, ça dépend des jours. Dès fois qu’au final, mal renseigné, on ait dit une connerie... Mieux vaut parler de moratoire, ça permet de se rattraper aux branches, hélas déjà sciées.

[6Avec ou sans déterminent, entre les deux mon cœur balance...

[7Sincèrement, parler de culture à ce niveau là commence à sérieusement me choquer...

[8Certains finissent par arriver à table et mangent avec eux. Quand même, faut pas déconner.

[9Il me semble (vu vite fait à la gare) qu’Universal à d’ailleurs le bon goût de faire actuellement de la pub par affichage avec cette métaphore. Là non plus, ils ne se cachent pas.

[10En effet, il semblerait, d’après l’étude UFC - Que choisir que je mets en lien dans ce billet, que le téléchargement pirate soit un moteur de fréquentation des concerts, principale marge de revenus des artistes.

[11* Dans le cas présent, c’est, si j’ai bien compris, sa relation avec une chanteuse qui est en cause, relation qui lui a quand même offert une carrière internationale (si j’en crois Wikipédia). Mais autant oublier en taxant des gens qui ne demandent rien...

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